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Big Data

La directive PSD2 : la disruption des banques est-elle imminente ?

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La révolution de l’Open Banking est en marche. L’entrée en vigueur de la directive européenne PSD2 redessine le paysage européen des paiements et services financiers. Elle impose aux banques de détail d’autoriser des tiers du marché d’accéder aux données de leurs clients, si ceux-ci ont donné leur accord. Les tiers du marché sont des banques en ligne qui font déjà partie du paysage, mais aussi des néo-banques comme Compte Qonto ou N26, des apps de paiement mobile du type Lydia, des apps de paiement entre particuliers tels que Pumpkin, des cagnottes digitales comme Leetchi et autres agrégateurs bancaires. Quelle stratégie pour les banques traditionnelles pour échapper à la disruption ?

La deuxième directive sur les services de paiement, plus connue comme la directive PSD2, est une nouvelle étape dans la régulation du secteur bancaire. Il s’agit pour les banques d’ouvrir leurs systèmes d’information et de partager avec des tiers les données de leurs clients à condition d’avoir leur accord. Les enjeux sont forts, d’autant plus qu’avec des solutions alternatives de paiement (via des apps mobiles, voire des réseaux sociaux) cette partie échappe de plus en plus aux banques traditionnelles.

PAYER SANS COMPTE EN BANQUE NI CARTE BANCAIRE

L’évolution des usages en termes de paiement n’est pas une nouveauté en soi. En 2015, soit il y a trois ans, 88% de consommateurs ont déjà eu recours aux solutions tierces pour payer en ligne. Aujourd’hui la tendance s’affirme et certains pays sont en avance, notamment en Asie du Sud-Est. En Chine ce sont Alibaba et Tencent qui dominent le marché du paiement mobile avec, respectivement, AliPay et WeChat Pay qui traitent plus de 90% des paiements effectués. En 2016 près de 5,5 mille milliards de dollars ont été payés par mobile en Chine contre 112 milliards aux Etats-Unis, soit environ 50 fois plus. En 2017 ce montant a atteint 12,7 mille milliards dans l’empire du milieu. Et il ne s’agit pas que des paiements en ligne : plus de 10 millions de magasins traditionnels acceptent, par exemple, AliPay et parfois n’acceptent même pas les cartes bancaires. En Occident, les comportements de paiement de demain sont parfaitement illustrés par les usages et les attentes des jeunes générations, intéressées par des services de paiement entre particuliers, paiement par smartphone, par objets connectés ou via des réseaux sociaux. En général, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à utiliser des services dématérialisés et mobiles et acceptent volontiers de sauvegarder les données de leurs moyens de paiement sur Amazon pour accélérer les prochaines séances de shopping.

DONNÉES DES CLIENTS COMME NERF DE LA GUERRE

Les nouveaux acteurs de la Fintech sont généralement spécialisés dans un seul domaine (paiements, cagnottes, virements P2P, etc.) et s’approprient peu à peu différents services, dont les banques jusqu’ici, avaient le monopole. L’accès aux données leur permettra d’améliorer les services proposés, voire d’élargir l’offre, et de renforcer ainsi les liens établis avec les clients des banques classiques. Les Fintech maîtriseraient plus de points de contact avec les clients finaux, et donc plus de données sur les transactions, en laissant aux banques la gestion du back-office, la domiciliation des salaires et les dépôts. Autrement dit, la directive PSD2 menace le modèle économique des banques et les pousse à créer de nouveaux services en s’appuyant sur la technologie, par exemple, sur l’analyse avancée des données clients accumulés. Si les nouveaux acteurs peinent à séduire les clients et les banques traditionnelles parviennent à être suffisamment réactives pour proposer de nouveaux services, repenser le parcours de leurs clients, se mettre au niveau de leurs exigences (fluidité, sécurité et rapidité d’utilisation) à l’image de ce qui est déjà fait dans d’autres industries, elles auront une chance de garder le titre de tiers de confiance dans le domaine financier.

DIRECTIVE PSD2 : LES API AU CŒUR DU MODÈLE EUROPÉEN D’OPEN BANKING

La directive PSD2 repose sur le respect de trois principes : la transparence et des droits renforcés des consommateurs, la sécurité et une authentification forte du client, l’accès aux comptes et les standards technologiques de cet accès. Les API (Application Programming Interface) sont au cœur de ce modèle. Elles permettent aux développeurs d’intégrer les données et les services de tierces parties au sein de leurs applications. L’ensemble des acteurs bancaires aura la possibilité de se connecter aux services de la banque pour y développer et tester leurs propres applications. La mise en place des API devra être effective courant deuxième semestre 2019.

Plusieurs solutions sont déjà développées pour aider les banques à opérer cette transition. Nous avons développé la nôtre : c’est une plateforme sur Azure qui fonctionne comme un framework permettant à chaque banque d’implémenter, plus simplement et plus rapidement, sa vision de l’Open Banking. Des assets préfabriqués pour différents verticaux bancaires (paiements, gestionnaires de finances personnelles, comparateurs et agrégateurs bancaires, etc.) permettent aux banques d’ouvrir leurs API aux partenaires extérieurs à travers des portails web, des applications mobiles, des call centers, des agents virtuels, des applications de parties tierces, etc. Cette Sandbox offre la possibilité d’expérimenter avec différentes propositions de valeur et de tester l’expérience client avant de lancer le service.

Les temps sont à la réappropriation de l’innovation par les acteurs historiques issus de la révolution industrielle que sont les banques. Aujourd’hui, à l’heure d’une nouvelle révolution, numérique cette fois, elles sont en mesure de reprendre leur destin en main.

 

Source : Benjamin Figueiredo, Directeur Secteur Financial Services chez Avanade

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